mercredi 29 avril 2015

Grandir, un peu ('Big in Japan cake' à l'accent grec - amandes, agrumes)


Trois cent soixante-cinq jours. TOUT PILE.
Mille intentions inachevées plus tard, me revoilà.
Coucou.

De ce dernier billet, l’an passé, ne me restent que des impressions, soleil levant. Flouisme. Vapeurs d’excès, joyeux accolements, dans la multitude des champs de ce mauvais coton de jeunesse qu’on ne finit pas de filer.  

On est là, toi moi eux, droits dans nos bottes, le menton haut au-dessus de la foule, volontaires, décidés ; on est là avec nos pacotilles et nos semblants, et pourtant au milieu de l’incompréhension, sans repères, on avance, portés par les délices de la mise en scène du quotidien, la volonté de puissance, les grandes idées, les projections. On joue aux grands. 
Grand bien nous fasse.
On est. Et on est bien, un peu.



Tu vois, là, la cour de récré a pris de l’ampleur. Les mêmes sales gosses, les gentils, les pourris, les street lourds, les déçus, les bienheureux. Et elles se font de plus en plus rares, les occasions d’apercevoir cette strate d’enfance qui s'empoussière, et nous émeut, captive, inquiète, rassure. 

Alors, un an après, rien n’a changé, tout a changé, comme toujours.

Les faits, les gestes, les choses, le matériel du quotidien ; les rêves de gosse, la passion, la rive gauche, les idéaux, les amours, les emmerdes.



L’année fut belle et pénible. Pleine et lourde. 
Fatidique, sans doute.

Alors 2015 (LE FUTUR !) est arrivé, et ce qu’on pensait marqueur artificiel n’en a plus finir de frapper.

Bim. Et bim. Et re bim.
Ça a fait mal. Des gens « nous ont quittés ». C’était injuste, souvent. C’était moche. C’était la Tristesse ; le désarroi.
Il n’y avait rien à faire. Il fallait simplement être là.

Et puis on a tenté de voir un peu au-delà de la peine. On a compris que c’était sans doute ça aussi, grandir.

Les banalités ont pris du sens.
Ouvrir grands les yeux, dégager le superflu, dire aux gens qu’on les aime, beaucoup, prendre soin, de soi, des autres, rire, embrasser, danser, s'étonner. Recommencer.

Faire un pas de côté.
S’envoler quelques jours, près de mes oliviers, respirer la Grèce, écouter le vent, toucher le soleil.
Serrer maman très fort.


Dire merci.



Manger. 

Faire un gâteau.




Un gâteau aux accents évidemment grecs, amandes et agrumes. Un nouveau chouchou, ce genre de favori qui évolue au fil de l'eau, du placard et du jardin. 
L'éloge de la simplicité, ce simple comme bonjour qui prend le goût du moment, se prête aux variations et aux humeurs. Une recette sans grammes et sans complication. 

On l'appellera : le 'Big in Japan cake', qui vu le jour un dimanche de drunch d'anniversaire, un dimanche embrumé, plein d'amis, de verres renversés et de rires. Un joli dimanche.





Big in Japan cake - amandes, agrumes


*Amandes torréfiées puis mixées, pour obtenir 3 cups (ou 3 cups de poudre d'amande, à défaut. Evidemment la prochaine variation comportera des noisettes. Evidemment. Et la prochaine, des pistaches. Evidemment)
*Quelques clémentines, oranges, citron, cédrat - du jardin, ou pas. Ici, ce fut 2 oranges et un demi cédrat. On a besoin d'une cup une fois ces agrumes mixés. 
*1 cup de sucre (pas blanc, le sucre, hein)
*4 petits oeufs
*1 pincée de levure chimique
*1 grosse pincée de fleur de sel

Placer les agrumes dans une casserole, couvrir d'eau froide, porter à ébullition, et laisser frémir une dizaine de minutes. Vider l'eau, puis recommencer l'opération 2 fois. 
Placer les agrumes sur une planche et laisser refroidir un peu. Les découper en gros morceaux (retirer les pépins) puis mixer. Mesurer une cup. 

Préchauffer le four à 160/170°.

Placer les amandes mixées, pas trop finement, pour donner une jolie texture (quoiqu'une poudre d'amande soit tout aussi plaisante. Question de style), dans un saladier, avec la levure chimique et la fleur de sel. Ajouter le sucre, les oeufs, les agrumes mixés, mélanger. 

Verser dans un moule recouvert de papier sulfurisé.
Enfourner environ 45 minutes. Vérifier la cuisson avec la pointe d'un couteau. 

Laisser refroidir. 
Saupoudrer de sucre glace, ou pas. Servir avec le reste d'agrumes mixés, ou pas.

Faites comme doux vous semble. 



...








3 commentaires:

  1. Je suis bien contente de retrouver super-cookie.
    Bacchis

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  2. un bonheur de revenir ici. éloge de la simplicité.

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  3. Dire merci :)
    J'entamerai la rentrée en croquant dans une part de ce gâteau.

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