mardi 29 avril 2014

le temps au temps - linguine butternut, fêta, noisette




Il y a le temps qui passe, le temps qui file, les rendez-vous manqués, les amis chéris, les gens, la vie, la fête, les émerveillements, les petites joies, les fulgurances, les déceptions, les si belles nuits, les matins, les rencontres, les hasards, les choix. Il y a le temps, qui passe. 

Je ne fais jamais de pâtes. Jamais. Je n'y pense même jamais. Je les adore pourtant. 
Et puis, finalement. 

Il y a ce dîner que l'on parvient finalement à maintenir, malgré les agendas de ministre et les impondérables. Toutes les semaines, prendre la résolution de ne pas prendre de rendez-vous, de laisser vierges les cases, donner sa chance à la dernière minute. Echouer. Etre bouche bée devant l'absurdité de nos interminables conversations.

'le 22 ? - arf non j'voudrais me coucher tôt pour préparer la conf' K-2000. - Le 23 donc non évidemment ? - bah non, y a la conf' K-2000, j'vais finir tard. Mais le 26 ? - Nan j'ai apéranniv' puis Machine puis Cabaret puis Concrete. Le 31 ? - Anniv de ma reum puis j'ai un date, c'est mort. - Ah attends. Le 3 ? %a$e!£*nardinamouk, vazy j'le vire ça. Ok GO POUR LE 3. - Ouais cooool ok ! le 3 ! hâte ! ... c'est dans ... ? - Dans 9 semaines ! - Cool ! - Cool ! "

Alors, lorsqu'enfin nous nous voyons, ce soir-là, il y a des pâtes. 




Il y a ces concours de circonstances, ces inoubliables parenthèses, ces moments suspendus. La grâce prend place dans l'espace-temps cotonneux de la nuit. 
Et dans la nuit, souvent, il y a des pâtes. 






Ces linguine, un dimanche de nuit blanche, une parenthèse où tout était possible. Une journée aura disparu, entrechoquée entre samedi soir et lundi matin ; il reste cette  infime trace de l'arrêt-sur-image, la cicatrice de notre espace-temps. 

Le lendemain, dans la moiteur nébuleuse du début d'après-midi, soudain rappelée au monde, je me souviens. De tout. Et de ces pâtes. 



Il y a aussi ce doux souvenir des spaghetti cacio pepe de Massimo. Son extravagance, son aura, son talent. Marseille. La polenta. 

Il y a la vie, la vraie. 










***





Linguine butternut - fêta - noisette


linguine - à l'instinct
1 petit butternut
150 gr de feta
1 poignée de noisettes, torréfiées
1 citron
persil
sel, poivre
huile d'olive, from le jardin

préchauffer le four à 180°c.
Eplucher et couper le butternut en morceaux (de la taille d'une bouchée) 
Placer les morceaux de butternut dans un plat, ajouter huile, sel, poivre, puis enfourner pour 45 minutes. 
Cuire les linguine aldente. 
Egoutter en gardant un petit peu d'eau de cuisson, ajouter les morceaux de butternut dans la casserole, la fêta émiettée, un peu d'huile d'olive, et chauffer quelques minutes. 
Hors du feu, ajouter le persil, rectifier l'assaisonnement. 

Servir, saupoudrer de noisettes concassées et râper un peu de zeste de citron à la microplane.

Respirer, trois fois, et profiter des amis, le plus possible. 


4 commentaires:

  1. Miam, un vrai régal pour les yeux et les papilles, cette recette!

    RépondreSupprimer
  2. J'ai pas tout compris mais c'était joli à lire :) Belle recette en tous les cas !

    RépondreSupprimer
  3. très joli billet :) et cette recette est juste tellement simple et tellement à tomber par terre :) merci pour le partage gourmand.

    RépondreSupprimer
  4. J'aime bien ce mélange avec le butternut, ça doit être un régal. Merci et bonne journée, bises.

    RépondreSupprimer