… j’ai été sélectionnée pour les JO de la rosace en crème au beurre sur moka.
mercredi 24 septembre 2008
Oui, oui, je suis là. C’est juste que … - Et plein de choses à manger
… j’ai été sélectionnée pour les JO de la rosace en crème au beurre sur moka.
mardi 26 août 2008
Choses absurdes, improbables et quotidiennes - Tarte aux courgettes façon Bouton de Rose, Eclair carotte, fenouil, gingembre
A la piscine, ces nageurs de pacotille persuadés que tsunamiser les alentours (ie : moi) fait avancer plus vite.
La policière d'1 mètre 20 affirmant sa mission d’émissaire de la Loi en me sommant d’effectuer un demi-tour de 2,33 mètres au feu quasi vert.
A la piscine, ces abr...is de nageurs qui s’arrêtent au milieu de la ligne, de préférence à 4,2 centimètres de moi. Et qui doivent en plus se demander Mais qu'est-ce qu'elle a, celle-là ?
L’air tendu et overbooké des petits supérieurs en quête de reconnaissance et d’autorité.
Le début de la déferlante de pluie, 3 minutes avant de devoir partir en vélo.
L’andouillette-frittes à 10h50.
La connexion qui flanche au moment décisif de la révélation de l’hôte de la semaine sur M6Replay.
Passer par une porte de la chambre froide pour se rafraîchir quelques minutes. Ressortir par l’autre porte, l’air pressé.
La saucisse de Morteau-frittes à 10h51.
Dégustez la brioche de tropézienne en rab, encore toute chaude et pleine de nougatine, un peu avant 7 heures.
A la piscine, tout ce monde, tout le temps, à toute heure (mais que fait la police ?).
Réussir à descendre les escaliers avec un sac de chocolat de 25 kilos, parvenir à transporter - avec une grimace quasi souriante - la cuve de 50 kilos.
Trouver incongrue l’appellation « crème légère » pour un mélange de crème pâtissière, crème au beurre et crème Chantilly. En rire et vivre un bon gros moment de solitude.
Arriver à garnir les mille-feuilles à 2 grammes près.
Redécouvrir Starmania et constater avec bonheur qu’on se souvient encore par cœur de toutes les paroles. Chanter à tue tête. Noter que tout le monde ne porte pas Starmania dans son cœur. Continuer à chanter.
Jean-Paul à moins de 100 mètres du boulot.
Rester un peu fermée à l’art contemporain chinois et ses artistes qui s’enduisent le corps de pâte de poisson ou font frire des jouets en plastique.
Récolter un bleu sur le petit doigt. Ne pas comprendre à quoi sert ce petit doigt.
Les spaghettis bolognaises à 10h52.
Bref. Sans transition : une tarte aux courgettes façon Passard et sa belle Bouton de Rose (vu et dégustée là), belle et bonne, crousti-fondante à souhait, avec une touche de parmesan et de zeste de citron. Et un éclair salé carotte, fenouil, gingembre. Parce que pourquoi pas un éclair salé, et que carotte, fenouil et gingembre font diablement bon ménage.
***
Tarte aux courgettes passardienne
Pour deux
3 feuilles de brick
3 petits courgettes
huile d’olive
½ zeste de citron râpé
1 bon morceau de parmesan
Préchauffer le four à 180°.
Foncer un moule à tarte avec les feuilles de brick en les superposant et en les badigeonnant d’un peu d’huile d’olive.
Faire cuire une quinzaine de minutes.
Répartir sur le fond de tarte du parmesan râpé et du zeste de citron.
Rouler les lamelles de courgettes de façon assez serrée et les répartir sur le fond (oui c’est long, oui c’est fastidieux).
Repasser au four une quinzaine de minutes.
Saupoudrer un peu de fleur de sel et servir tiède.
***
Eclair carotte, fenouil, gingembre
Pour 4 éclairs (avec restes de pâte à choux)
Purée de carotte et fenouil au gingembre
1 bulbe de fenouil
un bon morceau de gingembre frais (12g)
sel
Réserver.
Gelée carotte gingembre
50g de purée de carotte
10cL d’eau
un petit morceau de gingembre frais (5g)
1g (1/2cc) d’agar agar
sel
Couler sur une surface plane (le couvercle d’un tuperware, par exemple) sur 1 mm de hauteur. Laisser prendre au frais.
Pâte à choux
2 g de sel fin
une bonne pincée de curry
55g de beurre
70g de farine
2 gros oeufs
Hors du feu, ajouter la farine en une seule fois en mélangeant énergiquement pour obtenir une pâte homogène. Baisser le feu.
Remettre sur le feu doux et continuer de travailler pour dessécher la pâte, jusqu’à ce qu’elle se détache des parois.
Retirer du feu. Verser dans un cul de poule et ajouter les œufs un par un en mélangeant à la spatule. On doit obtenir une pâte souple, lisse et brillante.
Préchauffer le four à 200°.
Sur une plaque couverte de papier sulfurisé, dresser les éclairs à la poche en espaçant bien.
Cuire entre 10 et 15 minutes à 200° puis baisser à 180° et laisser sécher 15 minutes. Laisser refroidir.
Finish :
Retourner les éclairs et y faire deux trous. Les remplir de purée à la poche à douille.
Découper des lamelles de gelée et les placer sur les éclairs.
mardi 12 août 2008
Semaine 1 : bilan – Caviar de poivron aux noix et tuile au parmesan et sésame noir
Quelques minutes ont passé et on est déjà au cœur du sujet de ce qui fera mon quotidien pour un petit moment : tous les matins, à partir de 6 heures, il faut préparer les commandes qui partiront vers 8h30 heures, et anticiper sur les gâteaux qui seront vendus au salon, selon la période, et surtout, le temps qu’il fera dans la journée. Car un jour de pluie, au mois d’août ou non, c’est peut-être crispant, mais ça veut surtout dire que les badauds se réconforteront avec une tasse de chocolat chaud fumant et une petite pâtisserie - sans même une petite pensée pour les modestes apprenti(e)s, et donc qu’il faut s’activer sur la production.
Allez, allez, faut taper dedans - comme ils disent !
On assemble les Olympes - macaron à la violette cristallisée, gelée de fraise et framboise, crème mousseline à la violette, framboises fraîches, on poursuit sur les fraisiers, les tartelettes fraise-rhubarbe, chocolat-framboise, citron, fruits du hasard, les Passiflores - savarin, sirop au fruit de la passion, Chantilly au chocolat blanc et zestes d'agrumes, les religieuses, les éclairs, les Saori - cheesecake au citron vert, gelée de fraise, mousse au cream cheese, sablé citron vert, coque au chocolat blanc, guimauve à la fraise, on tranche les tropéziennes, on colle les macarons, on coupe le feuilletage, on poche la crème des mille-feuilles, on décore à la feuille d’or ou d’argent, on place les étiquettes, et on continue, on continue jusqu’à ce que le salon soit pourvu pour la journée. Après, on peut s’occuper de préparer les bases : les crèmes, les gelées, les confitures, les sirops, sans oublier le fameux chocolat chaud.
« Hé, Cookie, tu t’occupes de lancer une tournée de chocolat ! » Voyons voir la recette … ah oui, presque 40 litres de lait, tout de même ! Je me lance donc, et j’apprends par la même occasion l’astuce pour ouvrir un pack de 6 litres de lait en 22 secondes – et il faut bien avouer que ça pourrait m’être diablement utile dans l’optique d’un éventuel stage chez les Castors Junior.
Il faut refaire une confiture d’abricot, pas de problème, j’y suis. Mais, oups, 10 kilos de fruits, 5 kilos de sucre plus 10 kilos de casserole à transporter sur le feu = Cookie en situation critique. Je n'ose même pas parler des 30 kilos de crème pâtissière à remuer, j'en transpire rien qu'à y repenser. « T’inquiète, d’ici quelques mois, t’auras des épaules de déménageur ! » Ah, et ben en voilà une nouvelle qu’elle est bonne.
Et puis ça reprend. Pocher, trancher, assembler, coller, décorer …
Je me lance dans la nouvelle tournée d’Olympes ; je poche la crème, je place la gelée, je …
"Hé, tu les as pris où les gelées ?
J’avais envie de dire Ah bon ? Parce qu’il fait un froid de pingouin là-dedans ! mais je me suis cachée sous ma charlotte en silence.
Vers 14h30 - 15h30 dans les mauvais jours, l’heure du nettoyage a sonné. On lave à grande eau, on balai-brosse avec le sourire (« quand t’as de la sueur qui dégouline du front, c’est que c’est propre »), on racle, on astique. Puis on réenfile sa tenue civile, on se regarde dans la glace (mais pas trop quand même, cause spectacle peu glorieux) : on sourit !
Bilan au J1 : ambiance cordiale, température parfaite, calme, fatigue modérée … et ben c’était pas si terrible !
Première erreur de débutante. Car les jours suivants m’ont vu perdre 75 litres de sueur et prendre 9 kilos de muscles, cause température avoisinant les 88°C à côté des fours, dizaines et dizaines de plaques en fonte à porter, moult et moult kilos de crème à remuer, et tout ce qui fait le quotidien d’un laboratoire de pâtisserie d’assez grosse production.
Mais c’est ainsi, on ne rechigne pas, on poursuit avec entrain, et la fin de la journée est là, laissant l’après-midi pour se requinquer et raconter tout ça à ceux qui sont en train de se faire dorer la pilule. Oui, tout se passe bien, oui, j’apprends chaque jour de nouveaux gestes, de nouveaux trucs et astuces, l’importance de l’organisation et de la concentration, tout ça dans une bonne ambiance, même s’il faut être rapide et rigoureux. Je ne cache pas que la fatigue me submerge quelque fois, même si je sais qu'on s'y fait.
Le soir, une soupe, un Dîner presque parfait, et Oh oh, bizarre, il fait encore jour et mes paupières sont lourdes, très lourdes. Il est 21h33, je m’écrase comme une mouche sur mon oreiller (si le spectacle d’une mouche s’écrasant lamentablement contre son oreiller vous est inconnu, je vous le recommande chaudement, c’est de la distraction de haut vol). Et hop, un bruit strident m’informe qu’il est l’heure, et c’est reparti.
Je monte sur mon vélo – fini le vélib’, j’ai accédé à la propriété, car j’apprécie l’effet d’écarquillage oculaire maximal en vue d’un réveil énergique et motivé, et me lance sur les routes pas si désertes que ça. Oui, parce qu’à 5 h, Paris s’éveille certes, mais certain vont aussi se coucher – et il vaut mieux pour eux, rapport à leur faciès ahuri et leur haleine que je suppose peu engageante.
Un jeune homme est au milieu de la route et fait signe. Comme je suis ultra serviable, même à cette heure indécente, je m’informe de sa requête. Oui, le métro Temple, c’est par là ; non, la droite, c’est par là, pas par là. Et qu’est-ce que je fais, là ? Et ben je vais travailler, bonne nuit.
Mais le sucré reviendra vite car, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, le sucre est une drogue douce qui rend assez vite dépendant … Voici donc un petit caviar de poivron rouge aux noix, curcuma et cumin, accompagné d'une tuile au parmesan et au sésame noir.
Dernier mot : je vous remercie pour vos messages encourageants qui m'ont vraiment fait très plaisir, surtout quand je les lisais avant de partir le matin.
***
Caviar de poivron aux noix, curcuma et cumin, tuile au parmesan et sésame noir
Pour 2
2 poivrons rouges
Quelques noix (une dizaine)
2 gousses d’ail
½ cc de cumin
1 cc de curcuma
sel, poivre
Tuile :
1 beau morceau de parmesan
1 cc de sésame noir
Cuire les poivrons à four chaud (180/200°) pendant ½ heure. Les monder, les épépiner et les mettre dans le récipient d’un mixer. Eplucher et écraser les gousses d’ail en purée, ajouter au poivron. Ajouter le cumin, le curcuma, sel et poivre. Mixer (pas trop non plus). Ajouter les cerneaux de noix hachés. Réserver.
Tuiles :
Préchauffer le four à 180°.
Râper finement le parmesan. Sur une feuille de papier sulfurisé, étaler le parmesan en cercle sur une très fine couche (j’ai utilisé un cercle). Parsemer d’un peu de sésame noir. Passer au four quelques minutes, jusqu’à ce que les tuiles soient dorées (attention à ne pas les laisser trop longtemps, le parmesan deviendrait amer).
Laisser refroidir quelques minutes et décoller à la spatule.
lundi 4 août 2008
Quelques heures à l'Arpège, et J-1 - Muffins chocolat, poire, gingembre, simplement
Mardi dernier, le réveil sonne, une fois n’est pas coutume en ces temps vacanciers. Après une nuit agitée à l’idée de cette journée, il est temps de prendre le chemin du légume.L’Arpège est là devant moi, et j’ai peur de faire le pas. Mais j’entre, on me propose un café, on me présente l’endroit. J’observe cet espace si réduit où se créent de si grandes choses. J’attache un tablier et me mets dans un petit coin, où je peux suivre les premiers préparatifs de la journée. Chacun à son poste, les mains agiles se mettent au travail et brossent, lavent, émincent, tranchent, effeuillent minutieusement les fruits, légumes, herbes, fleurs qui peuplent la cuisine.
Alain Passard entre et salue, prend connaissance des préparatifs en cours puis s’éclipse pour quelques temps. Le fourneau chauffe, les casseroles s’amassent ; les oignons sont massés au beurre pour les gratins au Parmesan fraîchement râpé, les ravioles potagères à la coriandre et à l’absinthe sont agilement formées par un tout jeune garçon, l’imposant merlu est préparé par une jeune fille talentueuse. Je descends jeter un coup d’œil au minuscule coin pâtisserie où deux personnes s’occupent des macarons – carotte, rhubarbe,framboise-menthe, ou incroyable purée d’herbes, du feuilletage et des splendides tartes Bouton de Rose
(des tartes à la pomme faites de fines lamelles de pomme enroulées et serrées les unes contre les autres, d’un fondant à se damner, et dont le petit millimètre de peau sur le dessus donne un croustillant parfait, avec ce jour-là une pointe de menthe), mais celles-ci sont d’un classées strictement confidentiel, et je rebrousse donc chemin pour le moment.Je tombe sur un sympathique serveur préparant le magnifique plateau de fromage, je goûte un morceau de Salers dont je me souviendrais longtemps.
Quelques kilos
de haricots équeutés pour la salade haricots, pêche blanche et amandes fraîches, deux ou trois œufs écalés pour le chauf-froid d’œuf au sirop d’érable et à la crème fouettée au vinaigre de Xérès, l’heure tourne, la chaleur monte.
Passard est de retour, en tablier. Je tente de me faire la plus petite possible dans un recoin pour ne pas gêner. Les yeux grand ouverts, j’observe le chef improviser quelques salades : une violette, une blanche, une verte, une jaune … Il parsème de la fleur de sel d’un mouvement léger et précis, symbolique d’une maîtrise parfaite.
Le poisson et les volailles sont en bonne place sur la grille, et leurs accompagnements me font de l’œil.
La chaleur est à son comble, c’est l’heure du coup de feu ; les assiettes sortent et rentrent aussi vite que les serveurs le peuvent. Pourtant, tout le monde est calme à son poste, la chorégraphie est parfaite.
Les desserts commencent à être appelés, et ce sont deux jeunes cuisiniers qui s’occupent superbement de presque tout le sucré : le mille-feuille dont le feuilletage aérien est saupoudré de sucre glace et passé sous la salamandre plus de dix fois, sa crème vaporeuse montée à la main, les tomates confites aux douze saveurs constamment arrosées de leur jus, le caramel lacté au gingembre qui accompagnera un divin sorbet à la pomme.
Il est quinze heures passées et la salle est encore comble. Je sens qu’il est temps que je m’éclipse, d’autant que la tête commence à me tourner ; je rends mon tablier et remercie Mr Passard, encore dans le feu de l’action. Et c’est tout naturellement qu’il me répond « Mais tu veux pas manger un morceau ? On va te trouver une petite place en salle. »
Je me retrouve donc à la « table d’hôte », où une femme invitée à déjeuner finit son dessert. Très chaleureuse, cette femme, tellement chaleureuse que ma dégustation a été légèrement perturbée par ses divers et interminables récits …
Je tente tant bien que mal de me concentrer sur mon gratin d’oignons au parmesan, mon chaud-froid d’œuf, mes gnocchis de carottes et leurs petites feuilles de sauge croustillantes ; puis vient ce turbot fondant et ses petites pommes de terre fumées au speck, la jardinière de légumes et son écume au safran … pour bien conclure cet émerveillement des papilles, quelques minis macarons, l’exquise tarte Bouton de Rose, son caramel au gingembre et le sorbet à la pomme : extase.
Il est presque dix-sept heures et les convives sont encore attablés, comme à la maison, dans cette ambiance calme et détendue qui fait de l’Arpège un trois étoiles singulier. Alain Passard passe à chaque table, raccompagne jusqu’à la porte. Je le remercie encore, un peu chamboulée par toutes ces émotions. Il me fait la bise, me prend le bras : « A bientôt ma puce ! »
***
Une expérience fabuleuse que je ne suis pas prête d’oublier …
A part ça, J-1 avant mes premiers pas chez Angélina, et je ne cacherai pas que la pression a tendance à monter un peu. Du coup, je ne sais plus trop quoi dire, et vous laisse donc avec des muffins au chocolat, poire et gingembre, parce que ça fait tellement de bien de revenir à ses premières amours, dans ma cuisine pas pro du tout, sans veste ni tablier, loin du beau labo de la rue de Rivoli …
Muffins chocolat, poire, gingembre
50g de sucre
5g de levure chimique
2g de bicarbonate de soude
1 bonne pincée de fleur de sel
70g de chocolat noir concassé
1 poire moyenne
1 œuf
40g de beurre
125mL de lait
1,5 cm de gingembre frais
un peu de noix de coco râpée
Dans un saladier, mélanger les ingrédients secs : farine, sucre, levure, bicarbonate, sel, chocolat concassé.
Dans un autre saladier, mélanger les ingrédients humides : le beurre fondu, l’œuf, la poire coupée en petits dés et légèrement écrasée à la fourchette, le jus du gingembre passé au presse ail, le lait. Bien mélanger et verser sur le mélange sec. Mélanger, ni trop ni trop peu.
Verser dans les moules et parsemer d’un peu de noix de coco.
Enfourner pour 25 minutes.
dimanche 27 juillet 2008
La vacance parisienne – Sorbet pomme-roquette ; entremets coco prune, caramel balsamique
Puis on ne fait plus que scruter l’horloge avec une pointe d’angoisse, et elle nous indique précisément que, nous, on est encore au lit, avec aucune envie de se lever puisqu’aucune obligation, rien. La glande.
Alors qu’est-ce qu’on fait ??? un autre ciné, une expo, un peu de shopping. Ok, ça, c’est fait. Bon.
On a même tenté de ranger les piles de papiers et autres cours de marketing inutiles. On a opéré consciencieusement une translation de 50 cm des piles, c’est dire.
On a essayé 33 fois sa veste de pâtissière – trop classe, puis tenté de placer la charlotte d’une façon harmonieuse, et scruté sous tous les angles les chaussures de sécurité pour essayer de déceler la beauté intrinsèque de la chose, en vain.
On a sorti tout le matériel de sa mallette de pâtissière – trop classe, observé chaque outil, conclu que oui, c’est beau et que, aïe, ça coupe bien.
On a même eu envie de faire un petit power point, comme ça, just for fun.
Mais après ? Et bien après, on a décidé de se concocter un programme pré attaque pâtissière.
On commence par la piscine, trois fois par semaine, rien que ça. L’avantage est triple :
d’une, ça muscle, rapport aux sacs de 50kg de farine à porter.
De deux, l’aspect bonnet de la chose prépare à la charlotte, car parvenir à garder une certaine forme de dignité avec un bonnet de bain, c’est déjà gagner la bataille de la charlotte.
De trois, c’est une excellente amorce pour la philosophie de vie que je pressens pour les mois à venir : p….n ça saoule sa mère, mais qu’est ce qu’on est fière après.
Et pour compléter, on a décidé d’opter pour le vélib’.
Ma première fois, toute première fois en Vélib’ … En bref, ça donne un vélo qui mouline comme Ducasse quand il parle anglais, des bornes toutes pleines ou toutes vides qui m’empêchent de changer de véhicule, d’autres cyclistes qui braillent « mais change de vitesse ! » : mais « Abr…ti, j’peux pas changer de vitesse ! », et moi qui arrive à mon rendez-vous gonflée à bloc, prête à envoyer les assiettes dans la tête de la serveuse.
Bref.
Pour rester dans l’esprit de légèreté des vacances finissantes, deux petites choses qui ravissent les papilles : un sorbet pomme-roquette fruité et acidulé accompagné d’une salade fenouil, carotte et parmesan ; et un entremets frais, léger, mousseux et plein de saveurs : dacquoise coco citron vert, mousse coco et brunoise de prunes légèrement compotées, avec un petit caramel au balsamique pour relever le tout.
***
Salade fraîch’fraîche fenouil carotte parmesan
et sorbet pomme-roquette
Pour 2
Sorbet pomme-roquette
2 belles pommes Golden – 175g
75g de roquette
15g de jus de citron
5g de vinaigre de Xérès
Eplucher et couper les pommes en dés, verser le jus de citron et mixer. Ajouter la roquette et le vinaigre et mixer pour obtenir une purée assez dense et homogène. Mettre au frais (1/2 journée pour moi, mais je ne pense pas que ça soit indispensable). Ajouter un peu d’eau pour assouplir le mélange puis faire prendre en sorbetière 15/20 minutes.
Salade
1 bulbe de fenouil
1 carotte
1 poignée de roquette
4 tomates cocktail
1 bon morceau de parmesan
½ jus de citron
sucre, sel, poivre, graines de fenouil, herbes de Provence
Au moment de servir, répartir un peu de roquette dans les assiettes, ajouter les tomates, le fenouil et la carotte et de fines tranches de parmesan. Assaisonner.
Servir avec une quenelle de sorbet pomme-roquette.
Entremet coco, citron vert, prune – caramel au balsamique
Pour 5 entremets individuels
Dacquoise coco
40g de noix de coco râpée
10g de farine
25g de sucre
50g de sucre glace
blanc d’œuf
½ zeste de citron vert
Mélanger le sucre glace, le zeste, la noix de coco et la farine.
Monter le blanc en neige avec le sucre en poudre et incorporer délicatement au mélange de poudres.
Répartir le mélange dans des cercles légèrement beurrés et enfourner entre 13 et 15 minutes à 180°. Démouler et réserver.
Mousse coco
165 mL de lait de coco
15g de noix de coco râpée
20cL de crème liquide entière
30g de sucre
1cc d’agar agar
Monter la crème puis l’incorporer au lait de coco. Placer au frais.
Brunoise de prunes
5 prunes
1 cs de sucre
½ cc d’agar
Eplucher les prunes et les détailler en petits cubes. En verser la moitié dans une casserole avec le sucre, faire chauffer, ajouter l’agar, laisser frémir quelques secondes. Oter du feu et mélanger avec le reste des prunes. Réserver.
J’ai ajouté de l’agar pour éviter que les fruits ne rendent trop de jus. En refroidissant, la préparation ne gélifie pas, elle se tient juste mieux et a un joli aspect brillant.
Caramel au balsamique
Là, ça a été un peu expérimental.
J’ai commencé par faire un caramel balsamique selon une recette trouvée je ne sais plus où.
10cL de balsamique et 50g de sucre : porter à ébullition puis laisser épaissir pendant une dizaine de minutes.
Mais il y avait beaucoup trop de balsamique à mon goût, en tout cas pour accompagner l’entremets.
J’ai donc refait une sauce au caramel plus classique (la même que pour les Sticky Toffee Puddings) dans laquelle j’ai ajouté quelques cuillères de caramel balsamique, jusqu’à obtention d’un goût assez doux mais suffisamment relevé par le vinaigre.
Evidemment, il y en avait quinze fois trop de caramel à la fin, mais il accompagne très bien d’autres recettes, salées ou sucrées (avec du fromage de chèvre par exemple).
Sauce caramel
80 g de sucre roux
30 g de beurre salé
1 cs de miel
3 cs de crème
Dans une casserole, mélanger le sucre, le beurre et le miel et laisser chauffer quelques minutes. Retirer du feu et ajouter la crème fraîche.
Montage
Remettre les fonds de dacquoise dans les cercles, répartir la mousse coco. Placer au frais. Au moment de servir, verser les prunes et démouler. Ajouter quelques traits de sauce caramel balsamique et saupoudrer un peu de noix de coco râpée.
lundi 21 juillet 2008
Back in town
Un peu plus de deux semaines outre-atlantique, entre New-York, Los Angeles et San Francisco, en passant par la Nappa Valley, entre balades, restos et glande totally décomplexed.
Il y aurait un millier d’épisodes – notamment culinaires – à raconter, mais, malheureusement, mon cher et tendre pc portable fait de la résistance (Dieu Apple, serait-ce un signe ?) et semble tenter de s’étouffer en silence, en ayant anéanti son ventilateur. Perso, le ventilo, je m’en tape, mais il semblerait que la bête ne supporte pas une température interne de 81°, ce qui cause des extinctions intempestives toutes les dix minutes, sans compter des crises de nerfs à intervalles réguliers. Il me faut donc être rapide et efficace.
Problème : rapide et efficace, avec le décalage horaire, j’ai du mal.
Tentative :
Arrivée à New-York, et retrouvailles avec cette ville chérie où j’ai l’intention – ferme comme mes pieds après une balade de cinq heures et quarante blocks piétinés en tongs vietnamiennes – de poser mon kitchen aid un de ces quatre. Hôtel tip top design classe hype de la mort qui tue, avec même un poisson rouge dans la chambre. Enfin, noir. Baptisé Chanel, parce que noir et trop classe. Sauf que, probablement à la suite d’une indigestion d’une miette du « meilleur cookie de New York », selon les dires, il a flanché sur le côté, pas même la bouche béante, l’air de rien. On a voulu me faire croire qu’il dormait. Mais même moi, je sais que les poissons ne prennent pas la pose sur le côté pour dormir, ni la position fœtale. Snif. En même temps, il était pas si friendly que ça, Chanel, sans doute pas fan de communication interculturelle. Note pour l’hôtel : penser à revoir et corriger le recrutement des poissons.
Bref, promenade dans les rues, zigzags entre les buildings, au milieu des sirènes, des taxis, un peu de musées par-ci, un peu de boutiques par-là. Un petit tour par Dean and Deluca et ses étalages supersize d’amaaazing gourmandises.
Puis c’est parti pour la quête du fameux meilleur cookie de New-York …
Direction uptown, vers la pâtisserie Levain. Entrée dans la minuscule boutique, observation de l'étagère riquiqui où s’exhibent cookies, muffins et autres scones. Et c’est là que le mot Supersize prend tout son sens. J’opte pour un Walnut Chocolate Chip Cookie (à gauche) et repars avec mon butin, après m’être délestée d’un peu plus de 3 $. La chose est énoooooooorme, croquante à l’extérieur, à peine cuite à l’intérieur. Verdict : pas mal, ultra fondant – tu m’étonnes vu la quantité de beurre qu’il restait sur mes doigts, pleine de grosses pépites et de cerneaux de noix entier, mais c’est pas mon type préféré ; je préfère ceux faits maison par notre attentionnée et charmante hôtesse de Los Angeles (à droite), moins m’as-tu vu mais tout aussi savoureux.
Y a pas que les cookies qui soient énormes ici, les arrosoirs aussi.
Un petit tour par le nouveau resto de Ducasse à NY, Adour, et sa carte des vins, épaisse comme un annuaire – mention spéciale à la catégorie Alsace Touch :-) Sans oublier son bar à vin avec menu-électronique-tu-passes-ta-main-dessus-ça-s’affiche-c’est-magique-c’est-niouilleyorque.
Je ne peux omettre de mentionner le dîner qui a marqué le séjour, un passage absolument obligé à New York : le restaurant de Wylie Dufresne, WD~50. Sa cuisine est complètement rock n’ roll, délirante et maîtrisée, comme sortie d’un rêve mouvementé, et dont on ne sort pas indemne.
L’entrée et le plat avait commencé à nous secouer par ses accords incongrus et ses textures ahurissantes, mais c’est le moment du dessert qui restera gravé pour longtemps dans nos papilles ébahies. Lorsque j’ai regardé la carte : surprise ! du pandan … Ce mec est un type bien, c’est sûr.
Il faut d’abord noter la particularité géniale de pouvoir choisir un menu de desserts, en 3 ou 5 plats. J’aurai d’ailleurs bien sauter le reste du repas pour prendre les 5 desserts, mais bon …
Ce seront donc 3 desserts, précédés d’un pré-dessert et suivi de mignardises.
Des desserts aux compositions audacieuses, des accords de saveurs hallucinants, des textures jamais vues, jamais imaginées, des goûts délirants, entre acide, amer, fumé, grillé, poudré … un rêve de pâtissier devenu réalité pour nous ce soir-là. Je n’en dis pas plus, si ce n’est que nous sommes ressortis de là euphoriques, déstabilisés, et un peu sous le choc.
Pré-dessert : tube de yaourt à la grecque, rhubarbe confite et fils de rhubarbe, confiture d’huile d’olive citronée.
Premier dessert : fraises, cream cheese (sous une couche de pâte rouge à la fraise ?), sorte de mie de pain nuageuse au citron et à la verveine, glace au pavot (j’en rêve encore)
Deuxième dessert : glace à la pistache et pandan dans un cylindre croquant, ananas
Troisième dessert : Cake à la noix de coco toastée (une texture jamais vue, poudrée, magique), trait de sauce caroube, gelée de noix de coco, noix de cajou fumées (incredibeuul), sorbet au beurre brun (brown butter ?)
Mignardises, le pompon : bouchée de glace au yuzu enrobée de pâte à biscuit presque cru, et petite pochette au cacao fourée d’une poudre de biscuit et cacao.
Après la grosse pomme, changement d’ambiance, direction Los Angeles, Manhattan beach pour être précise.
C’est pas que c’est pas mon style de way of life mais, comment dire … ? Arriver là-bas, c’est comme débarquer en plein milieu d’un épisode de Bervely Hills – ou Melrose Place, hein, on se comprend, au moment où Brenda et Kelly finissent leur beach volley et reprennent tranquillou leur chemin en rollers, avant de se poser au bord de leur piscine, où Brendon est pénard en train de faire griller des steacks.
Le 4 juillet, fête nationale oblige, rendez-vous chez des amis pour un grand et chaleureux barbecue, avec hamburgers maison, ribs tendres à souhait, apple pie et compagnie, le tout agrémenté de I mean, Amaaaazing, Soooo nice, et d’une foultitude de bons gros hugs de rigueur.
Passage par Hollywood et Bervely Hills, et un stop à la boutique de macarons de Christophe Michalak, Paulette.
Après quelques jours de bonne glande, en voiture pour San Francisco. Une petite pause gastronomique sur la route …
Je ne sais pas combien d’heures de route désertique plus tard (normal, moi, en voiture, c’est pas comme les antibiotiques : c’est automatique, je m’endors, au grand damn de mon cher conducteur. Parce que, non, faut pas déconner, j’ai pas le permis), San Francisco, ses rues aux pentes à la mord moi le nœud, ses ponts, ses parfois voire souvent très étranges habitants, et ses cafés apportés avec de l’écorce de citron ( ??? )
Pour finir, un tour par la Napa Valley et visites de deux exploitations, dont celle de Robert Mondavi. Confirmation de ce que Mondovino m’avait déjà appris : qu’importe le raisin, la méthode ou le terroir, ici, les barriques ont le dernier mot et impriment leur goût plus ou moins toasté à des breuvages alcooleux que je me passerai de qualifier.
Et voilou, la fin des vacances est là, l’avion repart vers Paris et d’autres aventures extraordinaires.
Une interrogation demeure : mais pourquoi, là-bas, la cuvette des toilettes est-elle toujours à 10 cm du sol ?
A suire dans les prochains épisodes : Le cookie dans les cuisines de Mr Passard, Les premiers pas du cookie chez Angélina – si j’y survis, sans oublier Le cookie se met au Vélib’…