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dimanche 25 novembre 2007

Préavis de grève : cuisine sans couleurs - panacotta chocolat blanc et sésame noir

J’en ai marrrrrre de cette p… de grève, mais alors marre ... Bon d’accord, ça se finit tranquillement. (c’est même complètement fini mais c’est pas parce que c’est marqué publié le … que ça a été fraîchement pêché du jour) Mais quand même. Je tiens à manifester mon immense mécontentement. Parce que c’était bien marrant, les premiers jours, de glander l’âme tranquille (le personnel administratif de l'institution vaguement scolaire dont je fais partie ne fait pas grève, mais est encore plus larvesque que ses étudiants, ils ont décidé par conséquent de prendre les devants et d'annuler tous les cours), de se contenter d’aller se traînasser dans le pâté de maison, de rendre visite aux compères voisins, dont le Monop’ et le marché, mes chers et tendres, de rentrer cuisiner un peu, regarder quelques dvd, lire quelques bouquins, feuilleter quelques magazines.
Mais à un certain moment, les magazines donnent envie de faire des choses, des choses qui demandent généralement à la fois de l’argent et un déplacement géographique : car mettre à profit son pouvoir d’achat, ça se mérite, voyez-vous. Et puisque le Vélib’ et moi, comme chacun sait, ça fait deux, on a l’air un peu con, ma fièvre acheteuse et moi. Mais ça, à la limite, ça se repousse, y aura toujours moyen de se ruiner, surtout par les temps qui courent.

Mais quand soudain une prise de conscience vous frappe sans prévenir, vous réalisez avec stupéfaction que vous n’avez pas mis les pieds à l’école depuis … non, déjà ? 9 jours ? Alors, bon an mal an, vous vous renseignez, vous apprenez que, éventuellement, il pourrait y avoir quelques animations de type marketo-marketing, donc vous prenez vos pieds et votre cahier, bottes, écharpes, gants et une pièce de 50 centimes pour la machine à café qui sera peut-être dans un bon jour, et hop, in the metro.

Et là, plaisir contraint, vous goûtez aux joies de l’attente, autorisant un retour sur soi, sur sa vie, son oeuvre, ses objectifs, rêves et attentes, regrets et remords, plan d'attaque à mettre en place, un mini bilan quoi – oui, car en 35 minutes on a bien le temps de faire un diagnostic quasi exhaustif – puis, enfin engouffrée entre un géant assurément inhospitalier et une naine frisée en fourrure tachetée (très douce, cela dit, la fourrure. je dirais du lapin des neiges), vous savourez la chaleur des contacts humains, les odeurs capillaires douteuses et autres détails subtils et délectables. Il y a une sorte de solidarité spontanée dans l’air – enfin, sauf la vieille au rouge à lèvre carmin (ou peut-être vermillon, ou pourpre, ou vermeil. Moche en tout cas) et à l’odeur capiteuse d’une fragrance d’avant-guerre qui se faufile subrepticement dans la rangée, aux aguets de la place qui se libèrera incessamment.

Enfin, vous dégustez avec une délectation non dissimulée la scène qui se met en place à quelques accolades de vous : deux hommes de bonne allure, l'un à lunettes, l'autre sans, style jeunes loups aux dents longues, costard cravate, after shave mentholé, gomina et attaché case, qui, soudainement, entament un échange verbal pas classe du tout. Ça commence simplement par un « excusez-moi, auriez-vous l’obligeance de décaler votre être corporel afin de frayer un chemin à cette lady qui émet l’hypothèse de descendre de ce véhicule mobile ? » et ça se poursuit malencontreusement par « Mais biiip (putain connard) tu vois pas que j’peux pas bouger, j’l’biiiip(emmerde) la lady, t’as qu’à bouger toi-même biiip (connard) ». Oh, oh … animation, animation !
Ce que j’aime le plus, dans ce genre d’aventure urbaine, c’est la répartie du type qui tente de garder son flegme et sa dignité quasi britannique, envers et contre tout, malgré la puissance de ses instincts bestiaux : « Heu, monsieur, je ne me serais au grand jamais permis de vous offenser, et je ne vous permets point de me tutoyer, nous n’avons guère élevé de canards colverts ensemble, me paraît-t-il, sommes-nous en harmonie intellectuelle sur la question ? » … Silence in the wagon, la tension est à son comble – certains tentent de s’éloigner tant que possible … « P… con….ard j’te tutoies si j’veux. Enlève tes lunettes de biiip (merde). Tu veux qu’on aille en parler dehors ??? »
Visiblement (mine déconfite du tout petit nain face à un King Kong affamé), l’homme n’avait pas le projet d’aller en parler dehors, ni d'enlever ses lunettes, et l’autre devait de toute façon descendre à Bourse. Fin de l’histoire. Voilà comment on commence une bonne journée.

J’adore Paris.


Comme tout le monde, j’en ai marre de cette situation ridicule, j’ai donc décidé de faire grève. Ça va faire bouger les choses, j’en suis sûre. Et puisqu’il faut faire les choses dans les règles, je lance d’abord un préavis. Je commence calmement avec une journée de grève des couleurs, avant des mesures plus radicales. Plus de vert pandan ni pistache, plus de rouge framboise, plus de marron chocolat, plus d’orange potiron, plus de jaune citron, rien, des non couleurs : noir et blanc.
Et une panacotta chocolat blanc et sésame noir, à l’agar agar et crème de soja of course, crémeuse à souhait, alliance délicate de la douceur du chocolat blanc et de la saveur si particulière du sésame noir.

***
Panacotta chocolat blanc sésame noir

Pour 4 personnes
- 25 cl de lait
- 25 cl de crème de soja
- 120 g de chocolat blanc
- 15 g de pâte de sésame noir [+ 2 gouttes de colorant alimentaire noir (facultatif)]
- environ 1g d’agar agar
- quelques graines de sésame blanc

Faire fondre le chocolat blanc doucement au bain-marie.
Pendant ce temps, faire chauffer le lait, ajouter l’agar agar et laisser frémir 30 secondes. Baisser le feu. Ajouter la crème de soja et bien mélanger.
Diviser la préparation en 2/3 1/3 (à vue de nez): dans les 2/3, ajouter le chocolat blanc et bien mélanger, verser dans les verrines et faire prendre au congel 5 minutes.
Mélanger la pâte de sésame noir au 1/3 restant, ajouter une ou deux gouttes de colorant noir – ou pas, mais c'est plus classe – et bien mélanger.
Sortir les verrines et verser la préparation au sésame noir.
Réserver au frais quelques heures.
Décorer avec quelques graines de sésame blanc.

dimanche 23 septembre 2007

TTT 2, le retour (Très Très Tofu) – Quatuor de bouchées de tofu au sésame, Entremet Crousti-Soyeux au pandan et à la confiture de chataîgne

La rentrée, le bilan : c’est fini. Tout bien considéré, je temporise l’angoisse, me lance corps et âme dans cette nouvelle année, et lance le mot d’ordre : on se prend en main, proactif à mort. (Revirement possiblement dû à la découverte de nouveaux cobayes pour mes expériences culinaires – le buisson dégarni du jardin est toujours avenant, mais pas si gastronome que ça, en fin de compte, ou au séminaire de gastronomie moléculaire d’Hervé This sur la crème Chantilly, ou à l'enivrement post-dépenses inconsidérées en moules, cercles, carrés en inox et ingrédients divers et dispendieux)

La contemplation platonicienne est archi out. Et oui les amis, tenez-vous le pour dit : la paresse n’a pas bonne presse - c’est Philippe Collin qui le dit, en direct de la
Panique au Mangin Palace, mais aussi et surtout notre cher et tendre président, early adopter incontesté de la hyperactivity-hype-ittude.

D’où : on se motive, on va regarder la pub (à ce sujet : lancement d’une collecte à votre bon cœur et à mon intention afin d’accéder à la propriété d’un poste de télévision, ou d’un abonnement internet décent, ne pouvant me permettre plus longtemps d’assister au cours de pub avec pour dernière référence "Kiss Cool, c’est frais, mais c’est pas grave"), emprunter de gros bouquins très lourds à la bibliothèque, monter des projets transcendants, avoir une vie culturelle intense pour de vrai, devenir chef …



Mais comme on reste toujours un brin rebelle – posture d’esprit toujours in, même si à nuancer – on s’attarde quelques minutes sur les dépêches du jour, histoire d’être au taquet avant les starting blocks, et de déterminer les lignes directrices à suivre :

Revue de presse express :
- Le mime Marceau est mort. 84 ans, Marcel de son prénom.
- Une femme de 88 ans est morte, elle-ausi.
- Sébastien Chabal a menti ; il a toujours ses cheveux. (je ne visualise absolument pas ce type – ni tête, ni cheveux - mais, à vue de nez, c’est l’actualité du moment)
- Le mot « faillite » est out. Risque de lynchage en cas de prononciation – toujours bon à savoir.
- 20 000 personnes protestent tous en cœur en Birmanie contre la junte militaire (prononcez [younte] et observez l’expression de vos interlocuteurs)
- En football, Nancy garde la tête du classement. En rugby, on cocoricotte à fond.

Nous pouvons ainsi constater que :
1/ les êtres humains sont mortels – surtout les vieux.
2/ beaucoup d’êtres humains ne sont pas contents, ce qui nous laisse tout le loisir de l’être à leur place
3/ le sport et la pilosité associée intéressent une foultitude d’êtres humains ; et qu'il est primordial de ne pas s’avancer sur le présent et le futur de son état capillaire.



Toujours dans ma lancée proactive, et après avoir mûrement réfléchi aux leçons à tirer de cette actualité, j’ai entrepris une double attaque contre la paresse, avec deux recettes nécessitant une bonne condition neuronale et physique.
(Je ne refais pas le topo de réponse à tous les anti-tofu, qu’ils restent engoncés dans leur ignorance. Et ça en fait plus pour moi.)

D’abord, des bouchées de tofu au sésame, largement inspirée de la légendaire recette de Cléa. Mais puisque l’esprit conquérant d’entrepreneur est de rigueur, et que le sport est à la mode, il fallait un peu compliquer les choses.
Furent donc mobilisés pour l’occasion non pas 1 mais 4 sésames différents, engendrant ainsi un splendide quatuor de bouchées de tofu au sésame : blond, noir, parfumé au wazabi, et à la sauce soja (chez Tang. Trop bon. Prévenir quand même les non-groupies de wazabi que ça pique un peu).
Le résultat est vraiment top, chaque type de sésame fait bien sentir sa différence – à croire qu’ils veulent tous être chefs, eux-aussi. Croustillant à l’extérieur, fondant au cœur : miam. Bon, avant ça, il faut quand même être un minimum réaliste et ne pas se dire qu’on va servir ça au pied levé – d’ailleurs, servir ça un pied levé serait juste ridicule et discréditerait intégralement notre attitude conquérante si rondement menée jusque là. Parce que, mine de rien, c’est un peu du sport, cette recette (cf. plus bas)

Ensuite, un dessert dont je suis plutôt très très fière, spécialement pensé et réalisé pour l’illustre Reine Mathilde : l’entremet Crousti-Soyeux Open-Up au pandan et à la confiture de chataîgne aux zestes d’orange, qui répond aux exigences neuronales susmentionnées (ben non, l’idée ne m’est pas venue comme ça, un beau matin pluvieux), mais aussi physiques – ou tout du moins à l’esprit du sport : ouvert à l’altérité et optimisant les différences de culture pour créer un jeu collectif parfait et performant.

Tel le Quinze de France, ce petit délice réunit des joueurs de tous les horizons : praliné feuilleté bien d’ici, tofu soyeux bien de là-bas, agar agar et pandan du passé vietnamien, et confiture de chataîgne aux zestes d’orange de Corse. Tout ça nous donne une belle apologie de l’interculturel (oui, Monique, même si je n’en suis plus, je reste mag dans l’esprit) et de l’esprit d’équipe, mais surtout quelque chose de vraiment savoureux et inattendu.

Le tofu soyeux donne une texture éponyme très plaisante (j’ai ajouté un poil d’agar pour la tenue), le goût de la confiture de châtaigne à l’orange se sent bien – sans être écoeurant - et s’associe parfaitement à la petite touche verte et fraîche du pandan. Quand au mariage général du soyeux/fondant au croustillant du praliné feuilleté …
(en attente de commentaires de ladite Reine, qui, je l’espère, saura verbaliser ses petits cris d’animaux en qualificatifs intelligibles).

Les voici donc, ces deux recettes tendance proactives, réponse à la paresse intellectuelle et physique.

Message personnel à D. de Villepin, apparemment furax contre la "frénésie du locataire de l’Elysée" : Dom’ – je sais que tu ne loupes pas un seul de mes posts, contrairement à d’autres – je te conseille de tester tout ça. Non seulement c’est bon, mais ça occupe durant la traversée du désert, et fait aussi passer les aigreurs diplomatiques.

autre p.s : les infos et les recettes au pandan se trouvent facilement grâce au super index majeur des recettes que j'ai enfin fait - preuve de ma proactivité actuelle.

***

Quatuor de bouchées de tofu au sésame : blond, noir, wazabi, soja



400 g de tofu ferme
marinade :
40 mL de sauce teryaki
20 mL d’eau
2 gousses d’ail écrasées – 1 cs
3 grandes lamelles de gingembre mariné écrasées – 1 cs
1 cs de sucre (10 g)
couverture :
15 g de graines de sésame blond
15 g de graines de sésame noir
15 g de graines de sésame au wazabi (chez Tang Frères)
15 g de graines de sésame à la sauce soja (chez Tang Frères)
10 grammes de maïzena
15 grammes de farine

huile

Préparer la marinade : mélanger tous les ingrédients dans une assiette creuse.
Rincer le tofu et le sécher sur du papier absorbant. Couper les morceaux d’environ 1cm ½ de côté (selon qu’on s’y prend bien dès le début, ou pas, le résultat est plus ou moins cubique…mais on peut aussi dire que c’est fait exprès et tenter de lancer la tendance des bouchées parallélépipédiques, beaucoup plus hypes que les cubes, complètement out).
Placer dans l’assiette, verser la marinade sur les cubes avec une cuillère et laisser au frais au moins 2 heures en changeant les morceaux de face de temps en temps (pas obligé de rester coller au frigo – sauf si vous avez eu une mauvaise expérience de ligotage au fond du congélateur et que vous n’avez pas retrouvé les clefs).
Mélanger la farine et la maïzena et répartir dans 4 petites assiettes, puis ajouter les 4 sortes de graines de sésame.
Rouler ¼ des morceaux de tofu dans un des mélanges. Faire chauffer un peu d’huile dans une grande poêle et faire griller quelques minutes les cubes sur chaque face – réserver.
Répéter l’opération avec les 3 autres sortes de sésame. (Ne pas tenter de faire les 4 sortes en même temps, sinon : cubes quadricolores assurés)


Au moment de servir :
Réchauffer tous les cubes, sauf si vous avez fait les 4 sortes en même temps car vous êtes à la fois très chanceux et très doué(e) et que vous avez 4 plaques, 4 poêles et 4 paires d’yeux pour gérer les cuissons harmonieuses de l’ensemble ; ou que vous êtes en réalité superman/woman – ou tout autre super héro, je ne suis pas sectaire, ni saint-nectaire d’ailleurs – et que vous êtes donc tellement rapide que les 1ers n’ont même pas eu le temps de refroidir, et servir en apéro ou avec une salade.


***
Entremets Crousti-Soyeux Open-Up au pandan et à la confiture de chataîgne aux zestes d’orange



Pour 6 entremets

Praliné feuilleté :
60 g de chocolat au lait
50 g de pralin
50 g de feuilletine (gavottes/crêpes dentelles émiettées)

Faire fondre le chocolat au bain-marie. Ajouter le pralin et la feuilletine, bien mélanger. Répartir dans les cercles et lisser avec le dos d’une cuillère. Placer au frais.

Crème de tofu soyeux au pandan :
120 g de tofu soyeux
20 g de sucre
10 g d’extrait naturel de pandan (1 cs bombée)
1 g d’agar agar

Dans une casserole, faire chauffer le tofu avec le sucre et l’agar. Laisser frémir une quinzaine de secondes. Retirer du feu, ajouter le pandan et mixer (au mixeur plongeur) jusqu’à obtention d’une texture homogène.
Répartir dans les cercles sur la base de praliné feuilleté et replacer au frais.

Crème de tofu soyeux à la confiture de châtaignes aux zestes d’orange :
300 g de tofu soyeux
140 g de confiture de châtaignes corse aux zestes d’orange bio (Naturalia)
1 g d’agar agar

Faire chauffer le tofu avec l’agar, laisser frémir 15 secondes. Ajouter la confiture de châtaignes et mixer. La texture est assez liquide à ce stade – normal. Laisser refroidir un peu et répartir dans les cercles.
Placer au frais pour au moins 3 heures – l’idéal est de le faire la veille pour le lendemain.

Au moment de servir :
Sortir les cercles quelques minutes avant (démoulage plus facile). Poser les cercles dans les assiettes et secouer/taper légèrement – ou pas, selon l’humeur. Si tout va bien, ça tombe presque tout seul (juste faire attention à ne pas toucher la surface).
Décorer avec de fines lamelles d’écorce d’orange confite.
Enjoy.

lundi 9 juillet 2007

Heureusement, l’agar est là : fraises et gelée d’amande

Je m’apprêtais à me lancer dans une splendide nouvelle recette de … muffins – et oui, malgré le retour en France, je n’ai toujours pas repris possession de MA cuisine, ni de mes moules divers et variés donc – quand soudain, incroyable mais vrai, je prends conscience que tout le monde n’a pas forcément quinze sortes de farine à domicile, ni une seule d’ailleurs. Penaude mais pas découragée, je reporte donc la fournée à demain – suspens … - pour me préparer au grand retour de l’agar agar. Quelques petites provisions faites au grand et si agréable marché de Ben Thanh garantissent une série d’étrangeté agar agarienne dans les temps à venir ; mais pour l'heure, je me suis contentée d’adapter un peu une recette de Cosmo (no comment. Je t’entends déjà) : des fraises accompagnées de cube de gelée à l’amande. Incroyablement simple et non moins délicieux : douceur amère de l’amande et sucré piquant des fraises, pour un petit dessert bien de saison...
J’ai remplacé la gélatine par de l’agar agar, et le lait par du lait d’amande, et voilà :

Fraises et gelée d’amande

Pour 2 personnes :

250g de fraises
10 cL de lait d’amande
10 g de sucre
½ cc d’arôme amande amère
2 grammes d’agar agar (1 cc)

Laver et équeuttez les fraises, couper les plus grosses en deux.
Faire chauffer le lait d’amande avec le sucre et l’arôme. Ajouter l’agar et laisser frémir 10 secondes. Verser dans un récipient sur une hauteur d’1 cm.
Laisser prendre au frais au moins 1h ½ .
Démouler la gelée et découper des cubes. Les mélanger aux fraises et servir. (Saupoudrer d’un peu de sucre si nécessaire)


ps devinette : une fois n'est pas coutume, les muffins de demain seront en partie verts, mais sans matcha, et sans pandan ... ?

mercredi 23 mai 2007

Tout fout le camp : flan d’agar agar coco mangue, ananas rôti, bouchées coco chocolat

Pour célébrer la fin de l’épreuve du mémoire, et me donner des forces avant d’affronter le cours de demain (« Le marketing expliqué à un nouveau-né »), je voulais concocter un petit menu sympathique : des makis et des californian rolls, puis un petit dessert.
Ayant en tête quelque chose de crémeux et frais à la fois, je voulais faire une super panna cotta à l’agar agar, au lait de coco et à l’ananas, repérée je ne sais plus où. C’était sans compter sur le fatum qui s’est abattu sur moi aujourd’hui.
D’abord, le tourbillon des mouches. Ensuite, la chute du verre. Puis, l’absence de l’ouvre-boîte. Enfin, la crise de l’agar-agar. Je ne parle même pas du semi-échec des makis, à cause du riz mal cuit, je sens que je vais perdre mon lectorat…

J’ai tenté de me battre, et j’ai finalement obtenu une sorte de flan, ou de gelée, à la noix de coco et à la mangue, surmonté d’ananas rôti. Rien à voir avec ce que je voulais, mais je commence à avoir l’habitude… Assez agréable, frais et parfumé en tout cas.
Toujours motivée, j’émets l’idée d’atténuer ce carnage par de petits financiers à la noix de coco. Mais le fatum a ses raisons que la vendeuse d’œuf vietnamien ne connaît pas : j’ai failli tourner de l’œil en cassant les œufs, dont l’odeur présageait déjà d’un poussin bien portant. (Il faut savoir que les vietnamiens sont particulièrement friands d’œufs fécondés)
D’où, nouvelle lutte : j’obtiens des bouchées à la noix de coco et aux pépites de chocolat. Pas mal avec un thé aussi.



Flan noix de coco mangue – ananas rôti

Pour 6 petits flans :

30 cL de lait
4 cuillères à soupe de sucre
3 cuillères à soupe de noix de coco en poudre
½ mangue écrasée
2 cuillères à soupe d’agar agar vietnamien (beaucoup moins avec l’agar agar qu’on achète en France, je dirais 2 cuillère à café)
100 grammes de yaourt nature
Un bouchon de rhum

Un ananas
1 cs de sucre
1 cs de noix de coco

Couper la moitié de l’ananas en petits dés, l’autre en tranches assez fines. Disposer sur une plaque, saupoudrer de la cuillère de sucre et de noix de coco. Faire caraméliser au four 10/15 minutes en position grill.

Pendant ce temps, faire chauffer le lait mélangé à la noix de coco, le sucre, la mangue et l’agar agar. Laisser frémir une minute. Hors du feu, ajouter le yaourt et le rhum. Remettre sur le feu et laisser épaissir un peu.

Répartir les dés d’ananas dans des ramequins, puis la crème à la noix de coco. Placer au frais plusieurs heures.
Au moment de servir, démouler les flans et décorer de tranches d’ananas rôti.

Bouchées noix de coco chocolat

Pour une quinzaine de bouchées

100 grammes de farine
50 grammes de noix de coco
50 grammes de sucre
½ sachet de levure
30 grammes de pépites de chocolat
1 yaourt nature
30 grammes de beurre
5 cL de lait


Préchauffer le four à 170°. Mélanger tous les ingrédients dans l’ordre. On obtient une texture un peu plus ferme qu’une pâte à cookies.
Former de petits tas de pâte sur une feuille de papier sulfurisé.
Laisser cuire entre 12 et 15 minutes.

Promis, j’arrête avec l’agar ; mais il fallait quand même terminer le sachet...

vendredi 18 mai 2007

« J’arrête donc je suis » ou « mort de la cigarette et besoin de fraîcheur » : entremet bicouche menthe poivrée - chocolat

Bon. Tout va bien, je vais bien, j’arrête simplement de fumer. Soit, il était temps. Il s’avère que ce n’est pas si insurmontable, quoi que. En tous cas, ça fait travailler l’imagination. Les stratagèmes de motivation se sont multipliés : post-it virtuel où noter des paroles d’encouragement, fond d’écran de photos de poumons – sains et malades, tableau des horreurs version art contemporain où des mégots noirs et jaunes sont scotchés sous toutes les coutures, dissimulation des briquets …



Le problème, c’est que la pollution parait encore plus brutale qu’avant, genre « sniff de cheminée d’usine à déchets radioactifs». L’autre problème, c’est le besoin de s’occuper la bouche, genre « il est 3 heures du matin, j’arrive pas à dormir, dehors c’est la tempête, pourquoi pas avaler la moitié du pot de Nutella debout dans la cuisine avec pour seule lumière la veilleuse du frigo ? »
Il fallait faire quelque chose, redonner un peu de fraîcheur à cette maison qui en manque cruellement en ce moment – affaire à suivre. Bon, je ne pense pas sincèrement que ça m’éloigne longtemps du Nutella, mais c’est déjà ça.
J’ai donc fait ce petit « entremet » à l’agar agar, huile essentielle de menthe poivrée et chocolat noir, plus un peu de yaourt pour le crémeux, ce qui donne une petite chose pas mal, toute légère, fraîche et fondante.

Entremet – ou pas – bicouche menthe poivrée – chocolat :

Ingrédients pour 4 petits entremets :

40 cL de lait
4 cuillères à soupe de sucre
2 grammes d’agar agar
2 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée
30 grammes de chocolat noir minimum 70%
1 yaourt nature (100 grammes)

Préparation :

Faire chauffer la moitié du lait avec 2 cuillères à soupe de sucre et l’huile essentielle. Ajouter la moitié de l’agar agar, porter à ébullition quelques instants et mélanger jusqu’à épaississement.
Verser dans un bol et ajouter la moitié du yaourt. Bien mélanger et réserver au frais.

Recommencer l’opération pour la couche chocolat : mélanger lait, sucre et chocolat cassé en morceaux. Faire chauffer jusqu’à ce que le chocolat soit fondu. Ajouter l’agar agar et laisser épaissir quelques minutes. Ajouter un peu moins de la moitié du yaourt, pour ne pas que la couleur s’éclaircisse trop.

Dans de petits ramequins (ou autre), verser une couche de préparation à la menthe, laisser prendre quelques instants puis recouvrir d’une couche de chocolat. Finir par une couche de menthe.
Réserver au frigo plusieurs heures.

Au moment de servir, démouler les entremets et les saupoudrer de chocolat râpé.

Tableau des horreurs


Sympa, non ? "On se croirait à New York"

mercredi 9 mai 2007

Mille-feuille Coco - Fruit du Dragon : Petit rafraîchissement post-travail de groupe à la viet’

Tous ceux qui ont tenté de travailler sur une étude de cas avec des vietnamiens le savent : il faut s’accrocher. Parce qu’ils arrivent une demi-heure avant la présentation sans avoir préparé leur partie, parce qu’on ne comprend pas un mot de ce qu’ils disent (ni en viet, ni en anglais, encore moins en français), parce qu’on se fait calmement rembarrer à chaque tentative de discussion (non, selon ma collaboratrice, on ne peut pas dire que le défi du Vietnam et de son adhésion à l’OMC est d’ouvrir le pays à l’économie mondiale, puisque le Vietnam est déjà vraiment très ouvert, très intégré, pas du tout marqué par le communisme)… il faut s’accrocher parce tout ça, et parce que malgré la saison des pluies s’installant, il fait chaud, et que la température monte en moi lentement mais sûrement, à mesure que je réalise l’ampleur de la différence culturelle …

Donc, nécessaire rafraîchissement de l’atmosphère avec cette tentative de flan à la noix de coco à l’agar-agar (algue gélifiante qu’on trouve sous forme de poudre dans les magasins bio en France, au marché ici). Puis assemblage en mille-feuille avec quelques tranches de fruit du Dragon, aussi appelé Pithaya. Très très frais. A perfectionner, mais pas mal. (Je méprise les ricanements moqueurs d’une certaine personne qui pense peut-être que ça suffit avec mes tentatives débiles)

Mille-feuille Coco - Fruit du Dragon

Pour 4 petits flans à la noix de coco et agar-agar :

20cL de lait
2 cuillères à soupe de noix de coco en poudre
2 cuillères à soupe de sucre
1 gramme d’agar-agar
1 cuillère à café d’extrait de vanille liquide


Dans une casserole, faire chauffer le lait, la noix de coco, le sucre et la vanille.

Ajouter l’agar-agar, bien mélanger et laisser frémir deux minutes.
Verser dans de petits moules souples (à défaut de poursuivre mon addiction aux muffins, j’utilise toujours les moules). Laisser prendre au frigo plusieurs heures (au moins une heure).

Assemblage :

Sortir les flans une demi-heure avant et les couper en 3 ou 4 tranches dans le sens de la hauteur. Couper le fruit du Dragon (préalablement conservé au frais) en tranches assez fines. Intercaler une tranche de fruit du Dragon et une tranche de flan. Saupoudrer de noix de coco râpée.

Prochaine tentative : version sésame noir

Pour conclure, je ne peux m’empêcher de mentionner notre surprise, l’autre soir au restaurant Quan An Ngon (merveilleux par ailleurs), lorsque le serveur nous a apporté de splendides pattes de poulet au barbecue. Il faut dire que dans un pays où on peut déguster des dents de poisson, du rat des champs, de l’utérus de truie et des scorpions grillés, j’aurais dû me douter que « chicken legs », ça ne peut pas simplement vouloir dire « cuisses de poulet »…


l'attaque du poulet