Que les pandanomanes se rassurent cependant, ce pandan (je sais, mais bon il fallait bien la faire une fois) sera incessamment au cœur des débats internationaux, grâce à la création du GCDAFEMDP (Grand Comité Des Adorateurs/trices Fabriqueurs/euses Eux/Elles-Mêmes De Pandan–notez la masculinisation opérée) –parce que y’a pas que l’affaire Voici et les bourrelets de Mr notre Président miraculeusement gommés qui compte, quand même.
A ce propos, j’ai émis l’idée, pour l’acte inaugural du Grand Comité, de déposer une proposition à l’Assemblée - Objet : « Cure de Pandan obligatoire pour rentrée en fanfare »
Bref, je ne pouvais décemment rester sur un simple point proustien ; il en fallait plus, du rocambolesque, de l’aventure, de l’émotion – et comme disait l’autre moineau : « non, rien de rien […], d’où : je ne lâche rien sur le pandan, et déclare donc ouverte la session stendhalienne extraordinaire : Le Vert et le Noir.
Messages personnels très très multiples très très variés, mais assez cohérents si on reste bien focus :
- LeCookieMasqué remercie loukoum°°° de l’avoir promotionné avec sa petite recette (Tronche de) Cake after eight (inspiré d’une période un poil vietnamo-délirante et des muffins after eight d’alors) – oui, je parle de moi à la 3ème personne, comme Delon, ça pose un problème ? A moins que ne s’opère un probable dédoublement entre mon avatar et moi-même ? Dès lors, si je ne suis pas celle qui prétend écrire ici, qui suis-je ? Et surtout, comment écrire après tel examen de conscience méta-pata-web2.0-physique ? *** voir note en annexe
- Merci, donc, car cela m’a refait voguer sur ses jolies pages japonisantes, stimulant ainsi mon projet sans cesse remis aux calanques grecques (décidément, mes origines régurgitent) d’utilisation de ma pâte de sésame noire récemment acquise chez Tang
- Merci à mon stage finissant pour le prêt –oui, oui, je vais les rendre vendredi- de petits moules en silicones assez génialissimes dans leur genre (mais y a-t-il seulement des moules en silicone nazes ? ah si, ceux à cannelés – totalement hors course), et de colorant alimentaire noir – et … ok, stop.
- Merci à mes chères collègues celsiennes d’accepter sans rechigner de tester ces petites choses dès notre grande réunion de retrouvailles/adieux/commérages de lundi.
- Merci à toi, Mr Blogspot, sans qui je ne serai pas là aujourd’hui –Maman, si tu pouvais me donner signe de vie, ce serait chouette ; parce que Mr Blogspot et moi, on est pas si intimes que ça, en fait.
- Merci à Mr Sadaharu Aoki, Maître non pas La Dua mais Matcha, de m’avoir inspiré pour la base de la recette qui suit – ça arrive, ça arrive.
DONC, procédant par associations d’idées dans une dynamique pleinement constructiviste, je me suis lancée dans la réalisation d’un duo pyramidal au sésame noir et au pandan, sur une base de recette de financiers. Sauf que, ici, le foisonnement intellectuel engendré par la pandanomanie décale un peu les bases ; ainsi se retrouve-t-on avec des sortes de financiers au pandan assez normaux finalement, et avec des sortes de financiers au sésame noir où la poudre d’amande a été allègrement remplacée par de la noix de coco râpée.
Verdict :
Je suis assez absurde –en général, et ici en particulier– puisque j’ai quelques tourments avec le trop plein de beurre et, précisément, le beurre, c’est un peu le centre du monde financier –sans compter la poudre d’amande et la noix de coco. D’où mon embarras d’appréciation. Mais puisque vous me mettez le couteau sous la gorge, je dirai que ceux au pandan, bien que splendides, sont trop gras et que le goût de l’amande couvre un peu la saveur exquise. En revanche, ceux au sésame noir sont assez divins, bien croustillants à l’extérieur, tout moelleux dedans, délicatement parfumés, bien équilibrés entre sésame noir et noix de coco … et étonnamment bien moins gras que leurs colègues, malgré la pâte de sésame.
En attente de commentaires plus objectifs dès demain, je vous laisse avec la recette.
Duo Financièrement Pyramidal Sésame noir Pandan
(très librement adapté de la recette de financiers au matcha d’Aoki, paru dans Régal en novembre 2006)
70 grammes de blanc d’œuf
70 g de sucre 65 g de beurre23 g de poudre d’amande
23 g de noix de coco râpée
25 g de farine
7 g d’extrait de pandan (une cs rase)
15g de pâte de sésame noir
2 gouttes de colorant alimentaire noir
Préchauffer le four à 180°C.
- Mélanger le blanc d’œuf et le sucre sans faire mousser, et diviser en 2.
- Version pandan : tamiser la poudre d’amande et la farine. Ajouter à la moitié des blancs.
Chauffer 35g de beurre (théoriquement à 80° … )et ajouter l’extrait de pandan. Ajouter au mélange et bien mélanger pour émulsifier « comme une mayonnaise »
- Version sésame noir : tamiser la noix de coco râpée et la farine. Ajouter à l’autre moitié des blancs.
- Chauffer 30 g de beurre, ajouter la pâte de sésame noire et les 2 gouttes de colorant alimentaire noir. Bis repetita : ajouter au mélange et bien mélanger pour émulsifier.
- Chauffer précautionneusement les pâtes à 40°C (mouais…) et remplir les moules aux ¾.
- Enfourner 13 minutes pour la version pandan, 15 pour la version sésame (plus liquide)
Enjoy froids ou tièdes, ou les réserver pour votre grande réunion du lundi.
***
Et puisque, décidément, je ne lâche rien sur le pandan, juste une petite photo de mes tout premiers macarons, une version test réalisée au bureau : coque au pandan et ganache pamplemousse. Jolis, certes, mais vraiment pas bonse. Coque trop sucrée, pas assez pandannée, ganache trop lourde et trop amère (d'où : pas de recette). Mais quand même, beaux, non ?
*** Et puisque j'ai encore envie de parler - et que de toute façon, personne ne lit jusque là - je conclue ces digressions par un petit match Proust vs Stendhal au rayon optique 2000, histoire d'en finir. Les votes sont ouverts.
Proust : « L’ouvrage d’un écrivain n’est qu’une espèce d’instrument optique qu’il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que sans le livre il n’eût peut-être pas vu en soi-même» (Le temps retrouvé)
Stendhal : « Un roman, c'est un miroir que l'on promène le long d'un chemin » (Le Rouge et le Noir)
Sachant par ailleurs, que "En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même", LeCookie a besoin d'aide pour retrouver son masque, moi je sais plus.

